“Saboter: ce n’est pas gagner : Richard Ferrand”

invité de la “ 2ème chaîne de France télévision ” le mardi 11 février 2020

Ce n’est pas des nombreux actes de sabotage qui ont eu lieu ces derniers mois dont parlait le ministre de la communication, mais du projet de réduction de la retraite que le pouvoir central essaye de nous faire prendre pour un progrès social !
Sabotage, le mot n’est pas passé inaperçu et nous permet de mettre en lumière cette nouvelle forme de contestation. Le sabotage fut un outil de résistance très ancien, appliqué par des travailleurs isolés, seuls, impuissants, pour provoquer la baisse des cadences et ramener des patrons à un dialogue plus “humain”.
Pourquoi les sabotages longtemps oubliés reviennent-ils au goût du jour depuis plus de 15 mois et vont croissant ?
Même si l’imagination à l’œuvre n’en est apparemment qu’à ses débuts, la peur semble avoir été dépassée. Les sabotages matériels se multiplient en France mais restent pourtant invisibles.
Pour cause, ils reflètent l’étendue d’un esprit de résistance contre le flux financier, le pouvoir et la démonstration d’une peur qui change de camp.
Les sabotages portés à notre connaissance par ces résistants de l’ombre, ces silencieux ou trouvés grâce à un long travail d’investigation sont d’une quantité impressionnante un peu partout sur le territoire Français.
Ils se déclinent sur une échelle qui va de la maladresse à des actes de désobéissance variés, dont certains plus radicaux :

– tasse de café malencontreusement renversée sur le clavier d’un poste de travail ou le bureau d’un banquier
– oubli régulier de carte de pointage au travail
– interruptions de réunions d’élus
– toilettes communes bouchées
– organisation de postes de travail changée tous les jours sous couvert de rentabilité
– agrafes oubliées dans des papiers à scanners
– documents capitaux qui se perdent
– adresses de destinataires qui se changent
– colle glue ou des cures dents retrouvé dans des serrures et des distributeurs de billets
– des agents de l’administration qui créent volontairement des vices de procédure
– de l’eau salée injectée à la seringue dans des câbles téléphoniques !
– de la nourriture industrielle ouverte au cutter dans des rayons de supermarché
– de la mousse polyuréthane retrouvée dans des pistolets de station essence, dans des roues de voitures de l’administration, des pots d’échappement, pour condamner des portes
– l’utilisation de la peinture en remplacement de la poudre d’un extincteur lors de manifestation
– des permanences politiques de l’occupant taguées
– des portes emmurées
– destructions de matériels divers
– des radars, des parcmètres ou des lieux de pouvoir brûlés.

La question se pose, à quoi cela rime-t-il ? Ou bien serait-ce le signe que c’est l’État qui, en refusant d’écouter les demandes répétées de justice sociale agit en grand saboteur ?
Comme a dit JFK « Ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable. »
Horodateurs, radars et autres seraient-ils vu par ces saboteurs comme des outils de racket modernes et de répression déguisés ?
Le gouvernement veut faire taire à tout prix les silencieux, peu importe le niveau de répression, de violence, les droit fondamentaux qu’il faut bafouer pour cela.
Qui commet des violences “gratuites” ?
Qui détruit les biens communs ?
In fine la radicalité du gouvernement laisse peu de choix : croire au système et s’exprimer dans les urnes tous les 5 ans ou se taire à jamais !
Le sabotage, défiance des silencieux au système est-il en train de devenir l’alternative pour tous ces gueux qui ne veulent pas vivre à genoux, une forme de sursaut salutaire ?