Le rôle trouble de la police : entre servilité et autonomisation…

Samedi 7 mars 2020, veille de la journée mondiale des droits de la femme, la manifestation féministe organisée à Paris dérape.
Libération du 8 mars 2020, : « Peu après 23 heures, la police est intervenue : les manifestants ont été encerclés et repoussés vers les souterrains du métro. Les forces de l’ordre ont par ailleurs fait usage de gaz lacrymogène. «Police partout, justice nulle part», ont crié les manifestants. «Qu’est-ce qu’elles ont, elles ont toutes leurs règles ce soir ?», a entendu de la bouche d’un CRS l’une des participantes. »
Malgré les réactions indignées d’Anne Hidalgo, Maire de Paris ou le twit de Marlène Schiappa, la seule réponse du gouvernement est d’assurer que  Christophe Castaner  «a demandé un rapport à la préfecture de police sur ce qui s’est passé en marge de la marche féministe».
Bien piètre réponse lorsqu’on sait que les violences policières des 16 derniers mois n’ont donné lieu qu’à des dénis ou des classements sans suite de l’IGPN, alors que la France est condamnée par la ligue des droits de l’Homme et par le Conseil européen pour sa gestion violente des conflits sociaux et l’utilisation d’armes de guerres contre la population.A cet égard, il faut rappeler que les forces de maintien de l’ordre du pays ont été traditionnellement les gendarmes depuis environ 8 siècles. Ce
corps a été doublé par la création en 1941 de la La Police nationale, police qui dès lors a été largement considérée par certains comme “ la milice de Vichy”.
« L’appellation « Police nationale » fut donnée à une administration pour la première fois sous le régime de Vichy par la loi du 23 avril 1941. Cette loi place les polices municipales sous l’autorité des préfets au lieu des maires (sauf pour la police parisienne déjà sous autorité de l’État depuis Colbert et Gabriel Nicolas de La Reynie). Les structures de la police sont alors chamboulées et ses diverses missions clairement identifiées : police judiciaire, renseignements généraux (RG) et sécurité publique. Le territoire est divisé sur trois échelles : la région est associée au préfet de région, le district (un département) au préfet, la circonscription au commissaire.
Cette organisation sera conservée par les IVe et Ve Républiques.
Cette administration est remplacée en 1944 par la Sûreté nationale et, finalement, la loi du 10 juillet 1966 crée l’actuelle Police nationale incluant la Préfecture de police de Paris (créée par la loi du 10 juillet 1964). 
WIKIPEDIA
Aujourd’hui, toute manifestation fut-elle pacifique se termine en France, et systématiquement à Paris par des gazages, matraquages, mises en garde à vues arbitraires et injustifiées qui ne cessent de questionner l’utilisation de cette méthode.
La police serait-elle  devenue la milice d’un pouvoir largement contesté qui préfère faire taire ses opposants tout en prônant l’écoute et le dialogue ? Chaque coup de matraque tend à le prouver et montre la conception ultra autoritaire de la démocratie que soutiennent Macron et son gouvernement;
Plusieurs constats s’imposent  :

– Les défections des députés Larem se multiplient, montrant leur désaccord avec la politique menée.
– Les actions de la police sont systématiquement couvertes par l’IGPN mais aussi par la hiérarchie, car on sait que ce sont les ministres et les préfets qui donnent les ordres. S’ils veulent conserver la soumission d’un corps de policiers, qu’ils paient mal, il faut leur céder quelque chose.
– A force de se sentir invulnérables, des policiers profitent de leur position pour devenir de véritables machines à tabasser et à tuer et assouvissent ainsi leur haine en toute impunité, haine sexiste, raciale, haine de classe…
– Plus inquiétante, la récente demande du syndicat Alliance, syndicat majoritaire de la police, de dissoudre la gendarmerie au profit d’un corps unique de Police Nationale. Cette demande  montre les tensions importantes entre deux corps qui se partagent le maintien de l’ordre en France. Ils ont une vision très différente du droit, des valeurs, du rapport à la population.

Cela démontre la tentation fasciste qui est inhérente à la police. Une police, qui incidents après incidents depuis des mois, renoue avec l’esprit de sa création, celle d’une milice au service d’un pouvoir de triste mémoire, le régime de Vichy !