« Il faut en laisser pour les autres »

Je fais mes courses dans le magasin lorsqu’un client m’apostrophe de façon agressive en me lançant : « Il faut en laisser pour les autres ». Petite réponse à ce moralisateur de supérette.

 Effectivement c’est insupportable ! Entendre ce type d’argument totalement paradoxal avec les campagnes publicitaires nauséabondes qui vous supplient d’acheter des produits à obsolescence programmée plutôt que ceux du concurrent, et en quantité s’il vous plaît ! Car c’est moins cher à condition d’en achetez plus…  

Du black friday aux autres orgies d’achat, vous avez le droit d’acheter mais ce CON vous dit et quand on vous le dit ! Interdiction d’anticiper la chute du système, ou même d’y penser. Le délit d’initié, est réservé à l’élite !

Non vous n’avez pas le droit à votre sécurité alimentaire si le système  s’écroule et encore moins le droit à l’autonomie ! Ne réfléchissez pas, n’anticipez rien. L’état et le capital s’occupent de votre avenir, ayez confiance ! Les tickets de rationnements sont en cours d’impression !

Marre de ces jugements de valeurs de la part de ceux qui n’ont aucune morale et voudraient se faire passer pour nos vertueux sauveurs. A moins que ce ne soient des mougeons (moitié mouton, moitié pigeon) en transition, en cours de décolonisation de l’esprit, n’ayant pas envie de céder aux campagnes de propagande de la terreur des médias mainstream commandées par l’Empereur. Qu’importe !

 Les médias mettent les moyens pour que vous cédiez à la panique. mais en fait, les couteaux qu’ils utilisent sont à double tranchant. En créant la peur ils cherchent simplement à faire oublier les manifestations, la lutte sociale en cours sans montrer la fragilité du système qui s’écroule littéralement ! Le problème est que pour mener habilement cette tâche, le costume de Napoléon ou du Général de Gaulle sont trop grands pour Micron 1er et son maquillage trop voyant !

 Quoi que vous fassiez dans leur monde, surtout ne réfléchissez pas. C’est vous le coupable, c’est vous le problème ! Un sdf dans la rue , c’est de sa faute ! Il n’a pas assez travaillé ! Vous devez vous sentir coupable de ne pas l’aider ! La culpabilisation mise en avant sans arrêt pour que surtout, à aucun moment, il n’y ait de place à une réflexion “profonde” qui pourrait faire apparaître le visage du coupable : cette démocratie qui se dit protectrice et son conjoint le système capitaliste, qu’il faut à tout prix défendre. Un mot a même été inventé pour l’occasion : dommage collatéral, ou perdant du système.

 Ces moralisateurs qui nous pourrissent la vie seront pourtant les premiers à être réellement pris de terreur le jour J, quand leurs garde mangers seront vides et qu’ils ne pourront plus nourrir leurs familles. Ce jour-là , ils iront braquer leurs voisins prévoyants qui s’apprêtaient à partager !

Ils se permettent d’ajuster la morale et les règles du jeu au cours de leurs bourses et de leurs intérêts individuels à coup de phrases creuses du style : “il faut en laisser pour les autres”.

 Mais si quelqu’un ose parler d’ISF, de dividendes, du bénéfice de certaines entreprises, d’évasion fiscale, du taux de pauvreté, d’augmentation des salaires, d’un peu plus de redistribution pour les autres, à  ce moment, ils nous traitent de “gauchos” car dans leur esprit “il faut des premiers de cordée”. Voilà la morale selon le “grand capital” !

Les mêmes viennent juger celui ou celle qui n’a aucune crainte de l’avenir, aucune peur, car il a bien compris où on cherchait à l’emmener, jusqu’à la dépendance, la perfusion du crédit.  Mais il dit non. Il veut juste pouvoir nourrir sa famille et passer sans mal une crise de 3 mois, qu’il y ait un virus ou pas, sans avoir à mendier à un état. Il ne veut pas de RSA ou de ticket pour banques alimentaires, ces béquilles qui servent à justifier le titre rassurant d’état protecteur.

 Ce système capitaliste est tellement fragile qu’un “petit” virus suffit à stopper l’usine du monde : la Chine est à l’arrêt. Il suffit d’un seul salarié malade dans le transport routier, pour en contaminer de nombreux autres. Il suffit d’un seul employé dans un restaurant ouvrier pour mettre à l’arrêt la totalité de la chaîne de distribution alimentaire d’une région, voire plus ! La non viabilité de ce système est quasi darwinienne ! On comprend mieux la fébrilité qu’ils montrent, preuve supplémentaire, s’il en fallait une.

 Un circuit agroalimentaire local et autonome changerait la donne. La marchandise ne circulant plus autant, il ne pourrait plus mécaniquement véhiculer  un virus aussi vite. L’autonomie locale alimentaire et plus largement l’autonomie globale s’impose et s’oppose totalement à ce système hystérique capitaliste en fin de vie et en fin de droit !

 Alors oui il faut en laisser pour les autres ! Mais cela se fera naturellement dans un monde où le commun sera mis au service du commun, un monde dans lequel le pouvoir et l’argent ne seront plus concentrés dans quelques mains, mais dans celles du bien commun.