Genèse de la Vème République : embryon de la dictature en marche ! partie 2

2ème Partie : La nature de la Ve république,  tous les ingrédients d’un pouvoir dictatorial
Au moment de la rédaction de la constitution de la cinquième République l’objectif est de concentrer les pouvoirs exécutifs dans les mains d’une seule et unique personne : le Président de la République et en même temps de restreindre d’une manière drastique le pouvoir législatif.  Cette logique va se construire en deux moments.
Une constitution écrite en 1958 instaure le pouvoir quasiment sans limite du Président de la République. En effet, l’article 16 lui permet d’obtenir les pleins pouvoirs sans aucun contrôle des assemblées. Par conséquent, le premier ministre et les ministres ne sont là que pour mettre en musique la politique impulsée par le Président. Cette constitution de 1958 instaure le pouvoir de désignation du Président de la République par la chambre des députés, excluant de fait la volonté populaire. On ne peut pas cependant parler de dictature, car les députés sont eux-même issus d’élections démocratiques. Il s’agit davantage d’une élection censitaire ou indirecte.
Face à l’accélération de l’histoire, et suite au deuxième coup d’état militaire en Algérie en 1962 , De Gaulle va proposer l’élection du Président de la République au suffrage universel par un référendum auquel il obtiendra la majorité.
Dans la foulée, il est élu  Président de la République pour la première fois au suffrage universel et cela lui permet d’incarner la figure d’un Bonaparte du XXe siècle, légitimé par la volonté populaire. Il renouvellera son septennat une fois encore, en 1965 mais échouera dans l’aboutissement d’une énième modification de la Ve république consistant à faire disparaître le Sénat. En 1969, affaibli par l’insurrection de Mai 68 et fidèle à l’idéal de Bonaparte, il démissionne, se sentant désavoué par le peuple suite à un referendum perdu.
Durant toute cette mise en place de la Ve République, De Gaulle, bien que mettant en place un mode de gouvernance fort voire autoritaire, utilisant la censure et régnant sans partage sur les chambres des députés et du Sénat, se montre pourtant respectueux de la volonté populaire majoritaire. Fidèle à ses engagements, il préfère se retirer de la vie publique que de gouverner en étant désavoué par le peuple et se retire définitivement en 1969.
Le bonapartisme consiste en un régime autoritaire taillé sur mesure pour des gens “forts” moralement : Bonaparte, Napoléon III, de façon déjà dégradée, et qui repose avant tout sur l’assentiment populaire. L’ultime tentative de faire renaître ce genre de régime est la Vème  République de 1958 dont seul De Gaulle saura incarner une forme de grandeur.