Confinement, une remise en cause de l’importance du travail ?

Le travail reste le problème central du confinement. Certes, on peut travailler à distance, mais outre le fait que ce n’est pas toujours possible ( problème de matériel, de connexion), il existe quantité de métiers pour lesquels le travail à distance est impossible. Etrangement, c’est ceux-là qui sont souvent les plus utiles !
Tandis que les bobos parisiens continuent leur vidéoconférence depuis la province qu’ils auront contribué à polluer avec le COVID 19, les caissières, les postiers, les livreurs, les soignants, les personnes qui sont RÉELLEMENT utiles dans le quotidien de vie des personnes continuent de s’exposer en travaillant.
D’ailleurs, l’arrêt du travail inquiète nos dirigeants moins en ce qui concerne l’approvisionnement ou la qualité de vie de la population, que du point de vue de la bourse et d’un arrêt qui gripperait la machine économique.
Car le travail est le moteur central du capitalisme ; c’est l’exploitation du travail humain qui crée la survaleur, ce qu’on nomme aussi, le profit. Dans le système capitaliste, ce profit est volé aux gens qui travaillent pour être accaparé par les patrons. Leur richesse, c’est notre travail.
Tout comme on rendra responsable le manque de civisme et l’indiscipline des gens des ravages du virus, on fera payer pendant des années, les conséquences financières de cette crise aux travailleurs.
En effet, pas question pour le capitalisme de voir ses richesses fondre ou diminuer, fut-ce au prix d’un esclavage organisé façon XIXe, comme nous promet déjà le gouvernement : retour possible aux 48 heures hebdomadaires, un jour de congé par semaine avec réduction (voire suppression ?) des congés payés. Le tout avec réduction des droits au chômage, diminution drastique des retraites et privatisation de la santé. L’assurance de retrouver une population soumise aux ordres pour ne pas crever… Et pourtant, comment consommer lorsqu’on n’a pas suffisamment d’argent pour se loger et pour se nourrir ? Comment continuer de consommer lorsque l’on travaille 6 jours sur 7 ? On pourra ouvrir les magasins le dimanche. Et alors ?
C’est là que l’on touche à l’une des nombreux aberrations du système capitaliste. On ne peut pas sans cesse appauvrir les gens et “en même temps” leur demander de consommer, de partir en vacances, d’acheter des voitures, des habits, des crèmes de beauté ? La méthode répressive qui consiste à imposer par la force de faire avec TOUJOURS MOINS, a aussi ses limites !
La centralité du travail même inutile, puisque c’est souvent les activités les plus utiles qui sont détruites au nom de la RENTABILITE, pose problème. Le système capitaliste repose sur l’exploitation du travail, mais en même temps, détruit des postes utiles car non rentables. Là encore, on touche à l’un des paradoxes du fondement de l’utopie capitaliste : il faudrait que l’homme travaille sans coûter quoique ce soit (éducation, santé, protection sociale, vieillesse…) et cela est simplement impossible à moins de traiter les gens pire que des esclaves.
Finalement, grâce à ce COVID 19, le capitalisme apparaît sous son véritable visage à davantage de personnes. C’est un système qui exige des gens une vie séparée et absurde : travail/ loisirs, travail /consommation, utilitarisme à tout crin, individualisme forcené et “en même temps”, obéissance/prise de risque, désir d’entreprendre/respect des règles, mérite/citoyenneté, respect des autres/clivage social.
Le délire du “en même temps” macronien, c’est cela : exiger de tous la quadrature du cercle, tout et son contraire : l’obéissance absolue aux délires paranoïaques du capitalisme qui contient en lui ses propres contradictions, comme l’avait analysé Marx.
Finalement ce COVID 19 et le confinement doivent nous permettre d’ouvrir les yeux sur l’absurdité des règles auxquelles nous nous plions sans les questionner. Pourquoi travailler ? Pourquoi subir des gouvernants qui disent n’importe quoi et font des règles et des lois qui vont à l’encontre de la très grande majorité des gens, au nom de la démocratie ? Tout cela n’a aucun sens. Ou alors, si ! La démocratie représentative est le moyen de faire croire que nos gouvernants sont légitimes. La démocratie représentative est une abdication de notre parole et de notre volonté. Voilà pourquoi il paraît important de commence à penser de façon indépendante, d’autant que nos dirigeants se ridiculisent dans un ballet pathétique d’ordres et de contre ordres qui finit de démontrer leur bêtise et leur incompétence crasse. Ce sont des profiteurs, des nuisibles, les parasites du système.
Si le confinement perdure, nous verrons que nous pouvons vivre autrement, avec moins, en plaçant nos priorités ailleurs. Est-ce que la priorité n’est pas la VIE ? Toute la vie, mais avec respect pour chacun ? La vie digne que les Gilets jaunes et d’autres personnes, dont les soignants, n’ont cessé de réclamer depuis des mois en arpentant les rues, en demandant gentiment qu’on les écoute. Résultats ? des LBD, des blessés, des gazés !
Cette vie, Notre vie, il ne tient qu’à nous de nous en emparer. Nos dirigeants ont prouvé non seulement leur incompétence, mais leur cynisme et leur cruauté. Ils sont ILLÉGITIMES. Ils devraient tous être traduits en justice !
Construisons les bases d’une société différente, basée sur le local et l’entraide. Espérons que les bouleversements radicaux de ces derniers temps auront suffi à faire comprendre à un grand nombre de personnes, l’absurdité de nos vies …. A quoi bon perdre nos vies à travailler (lorsqu’il y a du travail ) pour payer encore et encore… et quoi ? la certitude de vivre toujours dans la misère !
Le travail doit être UTILE. Qu’est ce qui est utile ? Ce qui permet de vivre décemment : produire de la nourriture, construire ou réhabiliter des logements, se soigner, transmettre des connaissances, pas forcément de façon scolaire, se réunir, s’amuser, créer des liens, car nous sommes des êtres sociaux.
Alors, à quoi servent les réunions de télétravail ? C’est la centralité et la définition du travail qui doivent être repensées.  Seules les activités utiles doivent être mises en oeuvre et à chacun selon ses possibilités. La mamie de 70 ans n’a pas les mêmes aptitudes physiques que le jeune homme de 25 ans. Chacun a des talents, chacun possède des connaissances théoriques ou pratiques. Et si on laissait faire ?
C’est la leçon des gilets jaunes. Se rencontrer sans jugement parce qu’on a un but commun: changer les choses. Chacun apporte ce qu’il veut, chacun organise dans son coin pour lui et les autres. C’est le début de la communisation : mettre nos talents au service des autres… une nouvelle façon de définir le travail c’est à dire l’activité humaine.
Finalement, ce qui change dans cette nouvelle approche, c’est que l’activité n’est plus soumise à la RENTABILITE mais à son UTILITE dans la société humaine. L’art, si profondément inutile pour nourrir le corps, nourrit les esprits. Nous ne sommes pas des animaux, nous avons aussi besoin de rêver, de danser, de chanter, de dessiner, de sculpter…
Alors il existe les bâtisseurs, mais on a besoin de cuisiniers, de ceux qui savent tout bricoler avec 3 planches, et d’échanger les conseils sur le coin d’une table en partageant le verre l’amitié ou les repas préparés avec ce qu’il y a ….
Nous sommes tous les bâtisseurs de ce monde futur, un monde d’où sera bannie la technocratie monstrueuse de l’état, celle qui nous dit comment vivre, quoi penser, celle qui prend les décisions qui nous tuent pour satisfaire le profit et le marché.